L. & E. BEAUDOIN


Le Havre, Musée
d'Art Moderne
André Malraux

Arch. L. BEAUDOIN


Musée Matisse
Le Cateau Cambresis

Hermès


Paris,
Panneaux inox et
verre vitrine de Noël

Arch. Eva STRUZYSKA


Mairie du Perreux
Bureau du Maire

LB DECORATION


Stores inox
pour bateaux

Arch. Odile DECK


Inauguration Musée
d'Art Moderne
de Rome
toiture et façade

Arch. Odile DECK


Participation Musée
d'Art Moderne
de Rome

Arch. M. LECUYER


Paris, Cité Universitaire
Internationale,
bureau du président

Arch. Ewa STRUZYSKA


Préfecture de Paris

Arch. J.L. LOTIRON
et M. AZAGURI


Tapisserie pour
le bureau du Maire

Arch. J.DEROCHE


Orly, nouvelle Mairie,
Salle de réception

Arch. C. PARENT


Prague
Galerie commerciale
MYSLBEK

Arch. Rainer SENN


Salle de réunion
de a chapelle

Arch. PORTZAMPARC


Paris,
Musée Bourdelle

Arch. HAYAMA


Orléans,
Hitachi Computer
Bureau du directeur

Arch. C. PARENT


Prague
Galerie commerciale
MYSLBEK


Portrait, Simone Prouvé : une fibre pour l’inox

Ce sont des œuvres abstraites qui tiennent lieu de revêtement mural, de cloisons et même de stores. Le travail de tissage de Simone Prouvé avec des fils en inox et de la fibre de verre, est étonnant et totalement inédit. La matière est surprenante, indéfinissable. Les larges panneaux qui contituent les œuvres de Simone Prouvé relèvent bien de la tapisserie, par contre, c’est du fil inox, parfois pas plus épais qu’un cheveu, qui est tissé. « J’ai toujours voulu tisser, cela remonte à mon enfance », raconte-t-elle. C’est son père, Jean Prouvé, qui lui fait réaliser son premier métier à tisser. Elle quittera Nancy dans les années cinquante pour approfondir ses connaissances du tissage chez Alice Lund, en Suède, puis chez Dora Jung en Finlande. Alors que Simonde Prouvé se lance dans la fabrication de textiles pour ameublement, elle se trouve rapidement confontrée à la question de l’ignifugation de ses tissus. Plusieurs matériaux sont alors testés, à commencer oar la fibre de verre, car les sels du traitement d’ignifugation avaient tendance à jaunir les fils de coton. A la fin des années quatre vingt dix, cette artiste qui se désigne comme « artisan », s’investit complètement sur les matériaux résistant au feu. Simone Prouvé découvre alors le fil inox dont la première application est, à l’époque, purement inductrielle. « La matière est contraignante à travailler », se souvient Simone Prouvé, « je mélange et j’y intègre des fils synthétiques non inflammables de couleur pour réaliser les œuvres. » Il s’agit de panneaux, dont certains sont entièrement constitués de fils inox, montés sur des châssis métalliques ou enroulés autour d’un axe pour se dérouler comme un store. Leur texture est énédit et lorqu’ils sont plac és devant une fenêtre, le paysage qui transparaît fait partie intégrante de la création. « L’idéal pour moi est de pouvoir être associé en amont dans le projet d’architectire », raconte Simone Prouvé. De fait, elle a travailé avec une multitude d’architectes entre autres Claude Parent à Pragu ou Christian de Portzamparc à Paris. Parmi les références récentes figurent le tout nouveau musée Matisse de Le CateauCanbreses, près de Cambrai, réalisé par les architectes nancéens Emmanuelle et Laurent Beaudouin et le musée André Malraux du Havre auquel avait activement participé Jean Prouvé dans les années soixante. En travaillant le fil inox, Simone Prouvé rejoint aussi, à sa manière, la démarche du père qui, on le sait, vouait une véritable passion pour le métal. « Je pense souvent à lui », dit-elle en souriant, "j’imagine comme il aurait été intéressé par les applications du fil d’inox dans la construction. »

MetalFlash n°54

Quand le métal devient fil, Simone Prouvé le tisse

Simone Prouvé travaille la fibre d’acier comme elle tisserait le lin. Unique. Sa fibre est artistique autant qu’elle est d’inox. Simone Prouvé, septuagénaire aux cheveux gris acier, tisse les fils métalliques. Sur son métier en bois naissent d’étonnants panneaux, stores originaux ou cloisons sur rails. Des travaux souples qui ne s’enflamment pas en cas d’incendie. « Je travaille avec les architectes pour la décoration de leurs ouvrages. Les normes anti-feu sont draconiennes. C‘est pour cela que j’ai aimé ces fils d’inox qui ne brûlent pas ». Au toucher, le fil ressemble à une fibre « traditionnelle en plus nerveux », démontre l’artisane en laissant le fil s’entortiller sur lui-même. Les mailles d’inox, irisées par la lumière, se parent de paysages en filigrane. Le tout jour sur des dégradés de transparence. Simone est née Prouvé, « graine de Jean », constructeur, architecte, designer et amoureux de l’acier. « J’ai été formée à l’école de l’art sans l’avoir fréquentée ». Elle part apprendre à tisser en Suède. 1962 marque le début de sa collaboration artistique et amoureuse avec André Schlosser. Puis, première bobine d’inox déroulée en 1994, premier chantier à Prague en 1996. Depuis, elle a décoré la préfecture de Paris et le musée Matisse du Cateau-Cambrésis. D’une main d’acier.

Samedi 30 Novembre 2002
Le Parisien

Tapisseries d’inox

Simone Prouvé a installé un de ses larges panneaux tissés devant la baie vitrée de la cafétéria du Louvre et André-Malraux, au Havre, dont son père Jean Prouvé avait conçu le « paralume » en 1960. La trame de la tapisserie tendue devant le paysage portuaire capte la réflexion moirée de la lumière.
Formée dès les années 1950 chez Alice Lund en Suède puis chez Dora Jung en Finlande, cette création textile confirmée qui commença par habiller les banquettes de Charlottes Perriand, intervient aux côtés de différents architectes : Claude Parent à Prague, la japonaise Hayama pour un club house de golf en France, Christian de Portzamparc pour l’extension du musée Bourdelle. Ses derniers tissages consacrent les matériaux dérivés de l’inox et du verre dont l’imputrescibilité et la résistance au feu viennent enrichir les propriétés plastiques. Travaillées sur des métiers traditionnels, ces œuvres intègrent de la fibre optique ou de la couleur pour offrir des cosmogonies imaginaires qui, subtilement superposées à la forme architecturale, transforment en filigrane leurs paysages.

Décembre 1999
A.J.

Dictionnaire International des Arts Appliqués

Créatrice textile française (Nancy 1931). Elle conçoit et réalise pour des particuliers, mais aussi pour des architectes, des tissus d’ameublement (nombreuses réalisations avec Charlotte Perriand), des tapisseries, stores et panneaux. Après avoir utilié les matériaux traditionnels de cette discipline, elle emploie depuis plusieurs années des matériaux directement issus de l’industrie, tels des fibres de verre, d’inox, de polyéthylène, de polypropylène, etc. Fille de Jean Prouvé, son goût pour les belles architectures la fait collaborer à plusieurs programmes d’importance comme récemment le musée Bourdelle, réalisé par Christian de Portzamparc. La filature de ses travaux, jusqu’à 3,60 mètres de largeur, est réalisée par Simone Prouvé elle-même, sur son métier, dans son atelier. Il n’est pas rare qu’elle participe, avec les industriels, à la mise au point de certaines fibres. Résistants au feu (norme MI ou MO), ses panneaux tissés sont imputrescibles et lavables. Le Fonds national d’art contemporain (FNAC) acquiert deux de ses panneaux.

Edition du Regard